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Le point sur les rides
Stéphanie Mollé Ah, les rides ! Obsession numéro un des femmes dès 35 ans, les rides grignotent lentement mais sûrement les profondeurs de notre épiderme, pour s’y loger définitivement. Et pour certains dermatologues, ce phénomène de vieillissement cutané débuterait dès l’âge de 18 ans, alors que l’âge de 25 ans marquerait déjà le commencement de la ménopause ! Bon, pas la peine de désespérer devant la condamnation si prématurée de notre jeunesse : à 25 ans, nous sommes en général d’une fraîcheur exquise et notre visage ne présente aucune ombre de ride. Mais, comme nos organismes devant les kilos, nos visages ne sont pas égaux devant les signes de l’âge. Petite revanche de la nature, les peaux grasses, si problématiques à l’adolescence, sont celles qui résistent le mieux au temps. Plus épaisses, plus résistantes, mieux protégées par leur sébum, elles se dessèchent rarement et ne marquent pas facilement. En revanche, les peaux sèches, plus fines, sont les premières à connaître l’invasion des ridules. Autre facteur à prendre en compte : l’hygiène de vie. C’est énervant, mais c’est vrai, se coucher tôt, dormir assez, pratiquer une activité physique, éviter la fumée de cigarette, le stress, l’excès de graisses, l’excès de soleil, permet de conserver une peau jeune plus longtemps. Enfin, pour toutes celles qui vivent normalement et qui n’ont pas la possibilité ou l’envie de suivre ces règles rigoureuses, d’autres moyens existent pour afficher un visage éclatant et lisse, dès la trentaine.
La cosmétique pour prévenir Pas la peine de se mentir, les rides ne disparaissent jamais ! Tout simplement parce qu’elles viennent de la transformation de la peau avec le temps. Renouvellement cellulaire plus lent, dégradation des fibres de collagène et d’élastine, amincissement des couches de l’épiderme, tous ces facteurs créent un relâchement de la peau et entraînent des vides : les rides permanentes. Et là, impossible de les faire disparaître à coup de crèmes magiques ! En revanche, nous pouvons les prévenir et ralentir leur apparition, en hydratant, en raffermissant et en protégeant la peau. D’où la nécessité d’utiliser précocement les soins antirides. Toutes les marques de cosmétiques misent sur des actifs particuliers. Les plus connus restent la Vitamine C, qui agit sur la synthèse du collagène, les Acides de Fruits et le Rétinol, qui boostent le renouvellement cellulaire. Notre sélection : Active C XL de La Roche-Posay (260 DH) : Dosé à 5 % de Vitamine C Active, ce soin neutralise les radicaux libres en bloquant les UV grâce à son système filtrant au Meroxyl XL et corrige les rides en augmentant l’élasticité de l’épiderme. Reti C de Vichy (270 DH) : En associant Rétinol et Vitamine C, il prévient l’apparition des rides et donne un nouvel éclat à la peau. Côté correction, il apporte des résultats visibles au bout d’un mois : peau plus lisse et plus ferme. Age Perfect de L’Oréal (139 DH) : Pour un défroissage de la peau, ce soin associe de la Vitamine C Pure et de l’Elastium, qui stimulent la production de collagène. Résultat : diminution des rides et teint lumineux. New Skin de Nivea (94,90 DH) : Avec ses 3 % de Vitamine C Pure, cette crème regonfle l’épiderme en quatre semaines et apporte un coup d’éclat immédiat. Isolift d’Uriage (299 DH) : Cette fois, ce sont les Acides de Fruits qui sont associés au Rétinol, pour débarrasser la peau des cellules mortes, stimuler l’apparition de nouvelles cellules et rajeunir le visage. Accolade d’Avon (160 DH) : Composées de Vitamines A, C, E, de bêta-carotène, de collagène et d’élastine, c’est une véritable cure d’une semaine qui est proposée pour apporter un vrai coup d’éclat au visage. Présenté sous la forme de sept petites ampoules, ce soin est idéal pour prévenir les agressions cutanées lors de période de changements. Les compléments alimentaires pour protéger En dehors des soins externes, rajeunir est aussi une affaire interne. Une bonne alimentation contribue à embellir la peau en lui apportant tous les nutriments dont elle a besoin. Premier carburant indispensable, les acides gras essentiels donnent à l’épiderme sa vitalité, sa qualité, son éclat. Or, ils ne sont pas fabriqués par le corps, mais seulement apportés par les aliments. Lorsque la nourriture n’est pas assez riche en acides gras essentiels, il est alors nécessaire de recourir à des compléments alimentaires. C’est l’un des objectifs de la médecine anti-âge ou “anti-aging”, née en Belgique, reprise au Japon et en plein essor dans les pays européens. Cette médecine prévient les signes du temps en apportant avec des compléments alimentaires, ce dont l’organisme a besoin à une période donnée. Par exemple, au Japon, le cap de la ménopause est beaucoup moins marqué chez les femmes, car elles consomment énormément de soja et de poisson cru. Ces aliments sont très riches en acides gras essentiels de bonne qualité. Les isoflavones de soja regonflent l’épiderme et jouent en plus un rôle au niveau vasculaire : ils rendent les vaisseaux plus résistants. Quant au poisson cru, il est extrêmement riche en Oméga 3, puissant anti-oxydant. Ainsi, l’apport de ces nutriments par voie interne va contribuer à lutter contre les rides et préserver la peau des attaques du temps. D’autres éléments viennent également jouer un rôle dans la prévention : le zinc, le sélénium, le magnésium… Pour s’y retrouver et répondre à ses propres besoins, les conseils de médecins et de dermatologues sont indispensables. Ainsi, ils pourront prescrire une cure spécifique d’acides gras essentiels ou prescrire les anti-oxydants les mieux adaptés à chaque personne. Selon une dermatologue réputée de la place, convaincue des bienfaits de cette nouvelle médecine : “A partir de 35 ans, il faut tirer la sonnette d’alarme et prendre des compléments antioxydants toute sa vie. Ainsi, on peut facilement gagner 15 ans”. Et vu la qualité de sa peau, difficile de ne pas y croire ! Le botox pour le front Traitement préventif visiblement efficace pour retarder les signes de vieillissement du visage : la célèbre Toxine Botulique ou Botox pour les intimes. Véritable phénomène de mode, le Botox a longtemps fait parler de lui et pour cause : il constitue une véritable arme contre les rides d’expression ! Son principe de fonctionnement est simple : il s’injecte dans les muscles du visage pour réduire leur mobilité et donc prévenir les fameuses rides d’expression, stopper leur évolution et les atténuer. La toxine botulique est donc très efficace sur le tiers supérieur du visage où se logent les rides du front, les rides inter-sourcilières, les pattes d’oie. Elle est aussi utilisée sur le cou, car lorsque les muscles y sont relâchés, elle permet de les paralyser et de les retendre, comme par un petit lifting du cou. Sur le reste du visage, cette technique est peu utilisée, car les rides d’expression y sont plus rares. Le grand avantage du Botox réside dans sa simplicité d’utilisation. D’une part, son action est éphémère, puisqu’elle dure entre 4 à 6 mois en moyenne, ce qui limite les risques. D’autre part, son utilisation ne demande aucune préparation, ne provoque pas d’allergie et apporte des résultats visibles au bout de quelques jours. Cependant, si le geste technique d’injection est simple à réaliser, il demande beaucoup d’expérience. Comme l’explique le Docteur Bensouda, Chirurgien Plastique : “Quand on touche des muscles, on touche des expressions et personne n’a la même expression. Si on injecte le Botox de façon standard, on obtient un résultat qui n’est pas naturel”. Avec chaque patient, le médecin étudie les muscles de son visage, leur mobilité et leur puissance. Il adapte en fonction de chaque cas, le dosage et l’endroit idéal où injecter. “Ensuite, il ne faut absolument pas paralyser les muscles à 100 %, sinon le front ne bouge plus et ce n’est pas le but recherché. L’objectif est de laisser une mobilité au niveau du regard, mais sans ride”, précise encore le Docteur Bensouda. Les suites sont peu contraignantes : la patiente ressort avec des rougeurs aux endroits traités qui s’estompent en quelques heures, et parfois présentent de petits bleus autour des yeux, car la peau y est très fragile. Les résultats apparaissent au bout de 4 à 5 jours et ne bougent plus après une semaine. Autre avantage, si les muscles sont régulièrement immobilisés, ils deviennent moins actifs, s’atrophient un peu et rident moins : au bout de deux à trois ans, l’espace entre les séances augmente et une à deux séances par an suffisent. Les contre-indications sont les mêmes que pour tout acte invasif : femmes enceintes, maladies neurologiques, dermatologiques… Les risques restent peu nombreux : une injection mal faite peut provoquer une infection, une asymétrie des sourcils, une paralysie avec chute de la paupière supérieure. Mais au pire des cas, après quelques semaines, le problème s’arrange puisque le produit est éphémère. Quant au prix, il faut compter entre 3.000 et 5.000 DH en fonction de la quantité de rides à traiter. L’acide hyaluronique pour les sillons L’Acide Hyaluronique occupe une place de plus en plus importante dans le traitement et la prévention des rides. Ce produit naturellement présent dans la peau constitue une véritable barrière hydrolipidique, mais se raréfie avec le temps. L’utilisation de l’Acide Hyaluronique par des médecins expérimentés permet deux options : apporter un coup d’éclat général ou combler les rides installées. La première méthode ou mésothérapie associe de l’Acide Hyaluronique peu concentré à un complexe vitaminé pour réparer les petites cassures, atténuer les cernes, apporter durablement bonne mine, hydrater en profondeur. Il suffit de quatre séances espacées de 15 jours à un mois pour revitaliser tout le visage et conserver les résultats pendant un trimestre. Cette méthode sans risque constitue un bon traitement préventif des rides. Les femmes qui vivent dans un climat très toxique et fabriquent beaucoup de radicaux libres, peuvent en bénéficier assez tôt pour éviter le vieillissement cutané précoce. La seconde méthode utilise un Acide Hyaluronique plus concentré qui est injecté dans la peau, pour combler les rides, remodeler le visage, regonfler les sillons, les plis d’amertume, l’ourlement des lèvres. Comme ce produit est présent dans notre organisme, il ne nécessite pas de test préalable et ne cause aucune allergie. Pour soulager la patiente lors des injections, une crème anesthésiante est appliquée. Après la séance, le visage peut être gonflé pendant deux à trois jours, mais le résultat est immédiat. Résorbable, l’Acide Hyaluronique tient entre 6 à 12 mois selon le type de peau et de produit utilisé. Les contre-indications sont les mêmes que pour le Botox : femmes enceintes ou qui allaitent, maladies du système immunitaire. Les risques restent très faibles : asymétrie, infection, granulome, si le produit est mal injecté. Pour le prix, comptez entre 4.000 et 8.000 DH selon les parties du visage à combler. La graisse pour les visages creux Autre technique de comblement, le filling ou lipostructure utilise la graisse de notre organisme pour remplir les rides. Cette technique qui ressemble à celle de l’Acide Hyaluronique s’en différencie par une contrainte de taille : elle doit se pratiquer en bloc opératoire, donc uniquement chez les chirurgiens plasticiens. Elle permet de remodeler le visage et lui redonner un aspect plus frais. La séance ne nécessite pas de préparation particulière ou de test cutané. Elle se déroule sous anesthésie locale et dure une demi-heure à trois quarts d’heure. Le chirurgien prélève la graisse aux endroits gras du corps et la réinjecte dans les rides du visage. Après la séance, la patiente est enflée entre 4 jours à une semaine. Cette technique est très indiquée pour les visages creux, qui ont besoin de beaucoup de volume : le praticien peut injecter autant de graisse qu’il en faut et la matière première est gratuite ! Généralement pour une injection, 40 % de volume reste en place. Une seconde injection après 4 à 6 mois permet d’atteindre une efficacité durable, puisque la graisse tient plus de cinq ans. Les contre-indications restent les mêmes que pour le Botox et l’Acide Hyaluronique ; quant aux risques, ils sont quasi-inexistants. Le coût du traitement varie de 7.000 DH pour les sillons nasogéniens à 15.000 DH pour traiter tout le visage. Les peelings pour les coups d’éclat Les peelings ont pour objectif de faire peler la peau par une application de produit acide. Différents produits sont utilisés selon le degré de desquamation recherché : les acides de fruits ou l’acide glycolique sont légers, les acides TCA plus forts, le phénol très agressif. Sous nos latitudes ensoleillées, les peelings légers sont utilisés pour donner un coup d’éclat au visage et lisser les petites ridules, mais cette pratique comporte déjà des risques. Le plus important est le risque de pigmentation. Les peelings sont donc à effectuer exclusivement l’hiver. Seuls les dermatologues et médecins esthétiques qualifiés doivent être habilités à pratiquer ce geste. Le spécialiste doit déterminer quel produit acide utiliser en fonction de l’épaisseur et de la qualité de la peau de la patiente, et adapter son dosage, la durée du traitement et sa fréquence. Si l’application est mal faite, l’acide risque de brûler l’épiderme. Après la séance, la patiente subit une desquamation qui cède la place après 2 à 4 jours à une peau rosée. Trois à quatre séances de peelings sont nécessaires pour obtenir un résultat durable, et il faut compter 1.500 DH la séance. Les lasers pour les peaux claires Il existe deux sortes de laser, qui apportent des effets différents. La première rassemble des lasers légers, comme le Yag, et s’attache à donner un coup d’éclat à la peau, sans la brûler. Cette méthode peu agressive éclaircit le teint, lui apporte un coup de jeune, mais atténue seulement les ridules, pas les rides. Dans ce cas, les risques sont limités puisque le Yag ne pigmente pas et peut même s’utiliser sur peau mate. 5 à 6 séances espacées de trois semaines permettent d’obtenir les mêmes résultats qu’un peeling léger, et peuvent tenir deux à trois ans. Après la séance, la patiente présente des rougeurs qui s’estompent après quelques heures. Le traitement s’élève à 7.000 DH. Le second traitement est nettement plus agressif : il rassemble les lasers Erbium et CO2, qui sont très agressifs. Il s’agit d’abraser la couche superficielle de la peau pour faire disparaître les irrégularités et les rides. C’est donc une véritable brûlure que subit l’épiderme, et plus elle est profonde, plus les résultats sont là. Le post opératoire est donc très lourd. Les rougeurs peuvent durer jusqu’à 3 mois, surtout avec le laser CO2, qui travaille en profondeur. Les risques de pigmentation sont très importants et ces séances sont fortement déconseillées aux peaux mates. Chez nous, ces lasers sont donc utilisés très rarement : uniquement sur les peaux claires, pendant l’hiver, après une préparation et un suivi dermatologique de deux à trois semaines avant et après l’acte : crèmes anti-pigmentation, crèmes hydratantes, crèmes anti-inflammatoires... Si le traitement est lourd, il est cependant très satisfaisant : le contour des lèvres et des yeux sont véritablement lissé et les résultats tiennent de 5 à 8 ans. Le laser CO2 possède un avantage supplémentaire : il agit sur la contractivité de la peau et crée un effet lifting. En effet, en abrasant la ride, il provoque en même temps une rétractation de la peau. L’effet rajeunissant est renforcé. Pour de tels traitements, il faut compter entre 10.000 DH à 15.000 DH pour le contour des yeux ou des lèvres. “Prévenir et ralentir l'apparition des rides, en hydratant et en raffermissant la peau avec les soins appropriés” “Une bonne alimentation contribue à embellir la peau en lui apportant tous les nutriments dont elle a besoin” “ Les lasers légers s’attachent à donner un coup d’éclat à la peau, sans la brûler. Ils atténuent les ridules mais pas les rides” publiée le 01/10/2004
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