Fidèle au concept de sa marque “Orient by Emaèle”, la nouvelle collection d'Emaèle Duqué plonge au cœur des sources du Maroc pour les broderies et les couleurs, de l’Inde pour ce bel effet si tendance “tie and dye” des tissus. Une collection de PAP éthérée, fluide et… romantique à souhait.
Sous contrôle. Ouvert aux horizons. Fortement contrasté… L’univers
d’Emaèle Duqué est doté d’un fort tempérament
où le millimètre semble donner la mesure. Précise et (ultra)
organisée, la créatrice avoue vouer un culte à l’ordre
comme support de travail. “Photos de voyages, tissus, accessoires, vêtements
vintage de ma famille, collection de magazines de mode, livres d’art… tout
est rangé, étiqueté, à sa place pour être à ma
disposition lorsque je travaille.” Photos de voyage : une armoire (sublime)
art-déco qui s’ouvre sur une centaine d’albums photo soigneusement
légendés, chacun donnant le ton : Dieu ou le diable sont dans le
détail dans le monde de la créatrice. Ses collections lui ressemblent
: des lignes épurées, des tissus dits terriens, bruts dans la tendance
ethnique chic qui traversent le PAP depuis quelques années pour des pièces
douces, toujours élégantes et ouvertes au rêve. Pour le défilé de
La Semaine De La Mode by Caftan, Emaèle, des tissus hindous plein ses
sacs de voyage, a dessiné une ligne proche de celle du caftan classique.
Au final, un très beau tableau de robes-caftans longues, fendues sur les
côtés avec des sfiffates bicolores, et des finitions maâlem,
aux couleurs délavées dans un tie et dye des plus tendances, cet été.
Si les tissus indiens sont la spécificité de sa collection printemps-été 2005,
le lin, les soies et tissus froissés sont également au rendez-vous
pour des tableaux à la fois hindous et marocains, tendance émergente
de cette Semaine de la Mode. Accessoirisée par la très originale
ligne de bijoux “Karma”, pièces-sculptures brutes pour un
effet des plus raffinés, sa collection habille une femme intemporelle.
De son regard doux et aiguisé à la fois, Emalèle Duqué affirme
que “le marché du prêt-à-porter n’existe pas
encore au Maroc. Il est difficile partout, mais peut-être plus encore ici,
où les regards sont encore trop tournés vers les marques occidentales.
Consommer “l’autre” peut être ludique, mais il faut également
soutenir la création de proximité culturelle qui explose avec tous
ces créateurs se battant ici et nulle part ailleurs”.
Son parcours
le prêt-à-porter, c’est d’abord son… métier.
Tout le secteur de la mode à Casa connaît la longue silhouette blonde
de cette jeune belge installée au Maroc depuis 1996. Au Collège
Lasalle, durant
3 années, la créatrice, dont la marque “Emaèle Duqué” déposée
en Belgique avait déjà quelques défilés à son
actif, devient “professeur” . En 2003, sa marque“Orient by
Emaèle” fait ses premiers pas entre Casa et Marrakech où sa
version homme est exposée au “Comptoir de Casablanca”. Ce
pur produit des Beaux Arts d’Anvers et de la Chambre syndicale de la Haute-Couture à Paris,
ne semble vivre et respirer que pour la mode. Preuve en est : ses défilés
menés avec une rigueur de métronome.