Mère-fille. Un duo dans l’ère du temps, dans la mode. Ce couple Naïma-Zineb s’essaient pour la première fois au PAP. Jupes à dentelles esprit gitane, veste rose ou pistache… C’est une collection jeune, fraîche et très printanière que les deux stylistes nous présentent.
La mère et la fille partagent la même passion pour la mode. Elles
suivent ensemble “Fashion TV” et quelques séries américaines
branchées. Elles “magasinent” ensemble du Maârif au
Triangle d'or ou boulevard Massira, feuilletant les revues… c'est là qu'elles
trouvent leur source d'inspiration, autour d'elles : une série TV, un
magazine, un tableau de fleurs de Naïma... Pourtant, elles sont loin de
partager la même vision. “Je suis beaucoup plus classique”,
reconnaît Zineb. Sans doute le décalage des générations
qui au Maroc s'effectue à l'envers. “A 15 ans, je portais la mini-jupe”,
se rappelle la mère. “On était beaucoup plus libérés
que cette génération de jeunes filles presque toutes voilées
!”. Toujours est-il que le duo fonctionne, assurant presque un équilibre
aux créations. De l'audace : des ventres nus, des transparents et des
tops courts très sexy, et du classicisme, du raffinement avec la touche
marocaine attendue : sfifa, broderies squalli or, aâkad… la collection
est toute inspirée du printemps et de la grande tendance gitane. Des couleurs
orange, turquoise, fuchsia et des mauves lilas. Une jupe séroual trompe-l'œil
en taffetas de soie pistache sous une veste rose ou une veste en brocart froissé brodé sur
un pantalon cigare avec jupette en dentelle or.
“Le PAP, c'est beaucoup plus compliqué !”, reconnaissent les
deux stylistes. “Pour nous, comme pour les artisans qui ne savent pas comment
manier les tenues et qu'il a fallu former”. Sur l'avenir du PAP, Zineb
est confiante. Davantage concernant le marché à l'export d'ailleurs
que le marché local. “Ici, on préfère les marques
connues et chères !”
Leurs parcours
naïma, selon sa propre expression, n'a rien fait d'autre durant des années
que de s'occuper de ses enfants. Puis elle commence à peindre, trois ans à l'Ecole
Technique des Arts Plastiques (ETAP), et participe à quelques expositions.
En 96, elle se lance dans la couture et organise, l'année suivante, son
premier défilé. D'autres suivront bientôt au profit d'associations
caritatives. Quelques années plus tard, sa fille la rejoint sur le chemin
de la création. Après deux ans de commerce à Paris, un an
de pub à Strasbourg, Zineb décide en effet de suivre les traces
de maman. Elle suit une formation au Collège Lasalle à Casa avant
de rejoindre l'atelier qu'elle connaît déjà bien.