| Maria chahdi ouazzani (Sélectionnée) |
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Maria chahdi ouazzani (Sélectionnée)
Une histoire de Habba
S.B.
Le visage caché dans un ample selham de Habba, un mannequin entame le défilé de Maria Chahdi Ouazzani. Le ton est donné. La styliste veut revaloriser le patrimoine vestimentaire masculin de Ouazzane. Elle le féminise, le ramifie de tissus nobles : mousseline, satin et velours et le renforce de tonalités brunes, allant du marron au moutarde, avec évidemment l’écru spécifique à la Habba. Perlages et broderies parent l’ensemble, ainsi que d’immenses sautoirs de perles de Loubane et des ficelles de raphia. Le nouveau talent voit sa collection comme un “rêve de Ouazzane” dans lequel la femme s’enrobe dans des Sérouals “kandrissa” en mousseline froissée et des gilets, sur lesquels se superposent des caftans longs. Mystérieux.
Un combat au nom de l’art...
maria est étonnante par le parcours qu’elle s’est tracé. D’un diplôme de biologie-géologie à Fès, elle devient après 8 années d’efforts, une styliste à part entière. Depuis enfant, Maria aime peindre. “La peinture est ma source d’inspiration principale. Aujourd’hui, je compose mes caftans comme des tableaux”. Maria est passée par de lourdes épreuves avant d’en arriver à créer son atelier de couture. “J’ai vécu sans le sou pendant un an. Sans activité, ni ressources. Je n’ai trouvé chez moi que l’aiguille et le fil.” Après deux années en tant que brodeuse, elle s’est lancée dans le stylisme en autodidacte. Désirant se donner un style propre à elle, Maria ne travaille que des tissus unis qu’elle métamorphose et se réapproprie, comme l’ingénieuse idée de réinventer la Habba. Maria est une femme talentueuse et généreuse. “Maintenant que j’ai trouvé une issue heureuse à mes problèmes, je prends en charge des jeunes filles, surtout de la campagne à qui j’apprends gratuitement à broder et coudre. Elles me le rendent bien puisque toutes m’ont aidée à préparer cette collection”. Le point de fort de Maria est de dynamiser la Habba. Un matériau si difficile à travailler ; surtout lorsqu’il s’agit de le broder, et plus encore de le teindre. Maria a réussi la prouesse de peindre la vie en rose.
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publiée le 01/05/2005
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