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Horoscope

Un Ramadan presque comme les autres

 

Ramadan ne pousse-t-il pas dans son concept à se détacher du monde matériel, des apparences, du jugement que l’on porte sur l’autre afin de se tourner vers une dimension supérieur à tout cela ?

 

Ce mois d’aout, on ne verra probablement pas, sur nos plages, de jeunes filles se tartinant le corps de crème solaire, ou encore des silhouettes alanguies au soleil en une pièce, maillots de la dernière tendance… il y aura peut être quelques femmes assises sous un parasol, venues la pour accompagner de jeunes enfants qui pourront, eux piquer une tête dans la mer. Elles porteront des djellabas ou des habits qui couvriront chaque parcelle de leur corps. Face aux enfants s’amusant à construire des pâtés de sable, elles s’éventeront  à 36° à l’ombre du parasol, avec un journal, et regarderont, sans oser les fixer mais avec une pointe de jalousie, les hommes torses nus, en maillots de bain sur le sable, jouant au ballon ou entrant dans l’eau en riant.

 

Joli programme pour les six années à venir, n’est ce pas Mesdames ? Car sauf miracle, nous serons privés un mois par an en plein été de ces plaisirs de la vie. Et ce n’est pas tout : il faudra oublier, du moins jusqu'à l’after ftour, nous parfums et maquillage, tout geste de coquetterie pourrait faire de nous l’objet du scandale !

 

Mais Ramadan, dans son essence même et sa finalité, n’est-il pas censé renvoyer à davantage de tolérance ? Ne devrait-il pas unir les hommes et les femmes dans la notion de partage, de générosité ? 

Ne pousse-t-il pas dans un concept à se détacher du monde matériel, des apparences, du jugement que l’on se pose sur l’autre afin de se tourner vers une dimension supérieur à tout cela ? Ou peut-être sommes-nous trop faibles pour parvenir à transcender toutes ces considérations purement humaines.

 

Ramadan est le mois de tous les excès : il y aura comme chaque année des fous au volant, qui plus est, se permettront d’être grossiers sous prétexte d’avoir l’estomac vide ; et une partie de nos collègues seront de mauvaise humeur. On côtoiera ceux qui jugent incorrect de se laver la bouche ou de mettre du déodorant. On croisera forcément quelques hommes qui nous regardent de travers ou feront des remarques déplacées si on a une épaule découverte ou le visage maquillé. On n’échappera pas aux sitcoms de la télévision marocaine qui ne nous ont jamais vraiment fait rire. Les tables du ftour et les repas qui suivent proposeront toutes sortes de chhiwates alors que le jeune est supposé aussi nous rapprocher des personnes démunies qui n’ont rien à manger et les banque enregistreront une nette augmentation de demandes de crédits pour faire face aux dépenses décuplées ce mois-ci.

 

Ou est la dimension spirituelle de ce mois sacré qui était destiné à rapprocher les hommes entre eux, indépendamment de leurs classes sociales ?